L’alphabet N’ko, une invention guinéenne moins valorisée en Guinée

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Le n’ko est une écriture qui provient d’Afrique occidentale. Inventée en 1949 par le guinéen Solomana Kanté, le n’ko est encore très utilisé de nos jours. Il sert à transcrire les langues mandingues et signifie à ce titre « je dis » dans la totalité des langues mandées. De type alphabétique, le n’ko a été inventé pour permettre aux africains utilisant ses langues de disposer d’une écriture bien à eux.

Kanté estimait en effet que l’importation d’alphabets comme l’alphabet latin et l’alphabet arabe ne leur était pas adaptée. C’est ainsi qu’il a créé le n’ko afin que les langues mandingues puisse avoir une écriture qui reflétait  véritablement ses besoins, ses sonorités et sa culture.

Comme le dit le proverbe malinké, “le toit de la case d’un village ne couvrira pas bien la case d’un autre village.” On peut dire la même chose de langues : l’écriture de l’une ne conviendra pas entièrement à l’autre.

L’alphabet N’ko est une écriture dont son enseignement fait expansion dans le monde universitaire; Après les universités  Saint-Pétersbourg  (Russie)en 1999, du Caire (Égypte)en 2002, d’Indiana Bloomington (USA)en 2006, de l’INALCO Paris(France)en 2011, de Havard University (USA)également en 2011, de l’université New Jersey (USA)en 2012, c’est au tour de l’université camerounaise de s’intéresser à  l’alphabet N’ko.

Il est difficile aujourd’hui de croire que le N’ko ne soit pas enseigné dans les facultés de langues à Conakry, hors on y enseigne les langues étrangères. Ce n’est pas mauvais en soi, mais il faut valoriser nos langues c’est notre identité et nous devons tous en être fiers.

L’alphabet N’KO se compose de 27 lettres reparties en 19 consonnes, 7 voyelles et une diphtongue. Il s’écrit et se lit de droite à gauche et de haut en bas.

Initialement, le n’ko a d’abord été utilisé en Guinée. C’est avec le temps que cette écriture s’est étendue à d’autres pays d’Afrique occidentale qui utilisait les langues mandingues. De nos jours, le n’ko est employé dans des pays comme le Sénégal, le Mali  et la Côte d’Ivoire. Elle réussit à survivre en dépit de la forte concurrence de la langue française.

L’écriture n’ko est ainsi une écriture particulièrement fournie. Vous en trouverez diverses  publications. Certaines seront des traductions du Coran et de la Bible tandis que d’autres seront plutôt des manuels pédagogiques de sciences, de mathématiques, de philos… Les écrits n’ko se présentent aussi sous formes de dicos, de journaux locaux et d’ouvrages de médecine traditionnelle.

Cheick Ahmed Tidiane Sylla

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