Mikhindé Daalindé est animateur radio-télé à CIS médias, connu sous la casquette d’artiste atypique au style très particulier, ce qui fait de lui aujourd’hui en Guinée un touche à tout dans le domaine de la culture. Il est la fois, artiste chanteur-compositeur, dramaturge, comédien. Défenseur de la culture noire authentique, l’homme s’est fait remarquer depuis des années dans son combat pour la restauration l’identité l’Homme noir, c’est pourquoi il a changé d’ailleurs son prénom pour se faire appeler ainsi “Mikhindé Daalindé” ce qui signifie en langue soussou”quelqu’un” et “une autre créature”. Nous sommes allés à sa rencontre pour découvrir son univers. 

Bonjour Mikhindé Daalindé, peut-on te qualifier d’un artiste complet ?

Me qualifier de “artiste complet” serait un peu exagéré je pense puisque je ne pratique pas toutes les 7 formes d’art bien que j’ai plusieurs casquettes dans ce domaine. Dans la musique, on me dit souvent que mon style est trop particulier, je me dis donc, c’est qu’il y a forcement une créativité. Dans le théâtre, mes collègues trouvent que j’ai une grosse voix, ce qui est un atout pour moi. Et en tant qu’auteur dramatique, j’Africanise les dialogues écrits dans la langue française…
Bref, il est trop difficile de parler de soit.

Explique-nous comment a été tes débuts ?

C’était en 1996 à Boké, la ville qui m’a vu grandir. Mes débuts ont été plutôt passionnants, excitant en même temps amusant. Ce n’était pas facile certes vu qu’on n’avait pas de guide ou de maître sur le plan musical, ,par exemple, avoir des instrumentals sur lesquels on pouvait chanter  étaient tout à fait des problèmes. Il nous est même arrivé de taper sur le brouillard et la bouteille pour faire un instrumental. Il n’y avait pas de studio d’enregistrement à l’époque. On utilisait deux radios cassettes : une pour jouer la cassette  et l’autre pour enregistrer.
Avec le théâtre ce n’était pas le même cas, car là on avait les encadreurs qui s’occupaient de notre formation. J’étais quelqu’un de passionner pour tout ce que je faisais, on me disais très souvent que j’avais de l’avenir dans la comédie et avec un peu de courage j’ai été consacré meilleur comédien par l’hôpital régional de Boké dans une pièce jouée sur la poliomyélite m’a donné le courage de persévérer dans ce métier.

 Quel est ta source d’inspiration ?

Je m’inspire de tout ce qui m’entour particulièrement des faits sociaux, l’histoire et la culture.

Où en es-tu aujourd’hui avec tes œuvres ?

J’ai 4 pièces de théâtres inédits que je veux faire en recueil de théâtre mais, je n’ai pas encore eu de maison d’édition et je suis entrain d’écrire une autre pièce. Sur le plan de la musique, j’ai des morceaux qui peuvent faire plusieurs albums mais pour l’instant, je n’ai pas encore eu de producteur. En attendant, je continue de travailler avec ma guitare jusqu’à rencontrer un producteur un jour.

Quelle est ton projet ?

Je prépare un nouveau single qui sera disponible bientôt. Après le mois de ramadan je dois faire un concert live au centre culturel « Studio Kira » à la minière. Il y en a d’autre que je  préfère garder en secret le moment venu vous serez certainement au courant.

Que penses-tu du milieu de la culture guinéenne en tant que acteur ?

Dans le milieu culturel sur la terre africaine de Guinée est non seulement abandonné à lui-même mais aussi il y a un grand manque de solidarité entre les acteurs. L’orgueil, l’égoïsme et l’aigreur sont des caractères stars dans ce milieu. Sinon, il y en a, à manger et à boire pour tout le monde. Mais, malheureusement c’est ce secteur là qui soufre de plus en plus. Je pense que les acteurs de ce milieu ont besoin de se former davantage car, les acteurs de la culture sont par essence les agents de l’éducation de la masse populaire. Un artiste, volontairement ou involontairement, consciemment ou inconsciemment est un éducateur du peuple.
C’est dommage que les artistes eux-mêmes ne connaissent pas bien tous les circuits des droits autour d’une œuvre artistique. J’ai l’impression que dans ce milieu souvent on résume la culture à l’art, par extension, la musique. Pourtant l’art ou la musique n’est même pas le pilier de la culture. Si on n’arrive pas à saisir cette nuance en tant qu’acteurs culturel, il y a sérieux problème. La seule chose que j’apprécie dans ce milieu c’est la persévérance des artistes malgré la précarité, malgré qu’on ne vie pas de son art ici. Ce milieu a impérativement besoin d’un ministère à part entière c’est-à-dire un ministère exclusivement de la culture.

Quel est ton mot de la fin ?

Mon dernier mot dans cette interview, est de dire aux farafin (africains) de partir à la recherche de leur vraie histoire, celle non falsifiée et surtout la partie glorieuse. Essayer de mettre en valeur notre culture d’abord (la langue surtout) car, la culture est l’âme d’un peuple et la langue en est le premier pilier. A noter qu’aucune nation ne s’est développée dans la culture de l’autre.

 

Momo Camus

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