ENTREVUE: Les confidences de Ras Condel !

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Toujours à la rencontre des célébrités de chez nous, nos pas se sont étalés sur le chemin du domicile de Ras Condel, une icône pour toute la culture Hip Hop de guinée, un vieux de la vieille école de la musique urbaine, un artiste qui a marqué son temps. C’est toujours des moments uniques en émotion de se retrouver face une star qu’on a rêvé de voir en personne. Mais, malgré tout, nous avons réussi à avoir de lui des relations que vous aurez le plaisir de découvrir dans cette entrevue surprise. 

Bonjour Ras Condel, artiste et producteur, comment vous vous présentez à nous ?

-Ras Condel reste un artiste permanent. Côté activité, j’ai fait une pause et je suis devenu producteur de bons talents que j’essaie de repérer, c’est le cas de Tombolia Foté qui est actuellement en studio pour l’enregistrement de son album.

Peut-on s’attendre à un projet musical signé Ras Condel ou la musique pour vous c’est définitivement terminé ?

-Impossible d’arrêter la musique pour moi, je pense pouvoir chanter jusqu’à 102ans. Avec les frères Abdul Jabar et Joe Dioubaté, je travaille sur mon album BOABAB SPIRIT qui entièrement fini et paraitra bientôt, on attend juste de trouver une bonne date. C’est un album entièrement fait de featuring. Aujourd’hui il serait difficile avec mon temps de sortir un album  exclusivement Ras Condel. Pour un scoop nous avons fait 35 titres dans lesquels on sortira 12 ou 15 titres seulement.

– Raisonnable Djely, comment ça prit fin ?

Le groupe ne s’est jamais disloqué. C’est fou ce que les gens pensent parce qu’on a arrêté de chanter en groupe. Ce week-end comme souvent d’ailleurs on était tous ensemble ici comme toujours. On a arrêté la musique ensemble quand je suis parti pour les études en France mais on a toujours gardé le contact. Aujourd’hui on est tous père de famille ; l’un est notaire et l’autre douanier…on travaille ensemble mes chansons, les scripts des clips, l’utilisation des voices over et tout… mais on ne peut pus chanter en groupe, nos statuts ont changé. Au-delà de la musique nous sommes de vrais frères.

Rastafarisme, identité musicale ou véritable pratique chez vous ?

-Je suis rasta, je vis rasta c’est pourquoi on m’appelle Ras Condel. Je le suis dans l’âme et par conviction. J’ai pas le regard sur les autres, je n’ai pas le ‘’rasta-mètre’’ pour mesurer le rastafarisme des autres mais je sais que moi je le vis en ma manière, c’est ma religion.

Le monde du showbiz est parfois dominé par la ruse et les coups-bas, quelle en est votre expérience ?

-De façon malicieuse ou d’une autre les artistes ont toujours cherché à éteindre les étoiles des uns et des autres avec des mains noires. Difficiles de savoir qui vous met les bâtons dans les roues mais vous sentez qu’a cause de quelqu’un certaines portes vous sont fermées.

Personnellement cela ne m’est pas arrivé parce que j’ai pris la liberté pour le moment de ne pas diffuser ; mais les coups bas existent c’est dommage de le constater.

Le clash vous tente t-il encore ?

-Je crois qu’aujourd’hui je ne me lancerais pas dans du clash. J’ai toujours été sage pour cela même mon clash l’était aussi, c’était du clash propre et dirigé. Aujourd’hui le clash ne m’intéresse pas.

Quel featuring vous ne ferez jamais ?

Je pense que si je le dis je risque ma tête, mais ça doit être avec M’Mah Touré(dans une ironie enveloppée)…(Rire) bon finalement j’aimerais faire un featuring avec elle. Si elle le veut je lui offrirai un feat.

Ras Condel a-t-il des regrets et lesquels ?

Mon profond regret est que le BGDA(Bureau guinéen des Droits d’Auteur) n’arrive toujours pas a mobiliser assez de ressources pour faire vivre nos artistes. Aller dans le rang pour prendre 300.000fg comme revenu après deux années d’attente je trouve que c’est suicidaire. Pourtant on a du talent sous la main en Guinée. Tout ceci parce que la culture n’a pas encore sa place dans la politique du gouvernement. Et aussi que la nouvelle génération ne soit pas assez organisée pour aller loin au-delà de nos frontières. C’est une génération parfois inquiétante. Ils ont des opportunités que nous n’avions pas a notre temps. Il fallait partir à Dakar ou Abidjan pour bien s’enregistrer, trainer avec une bande cassette. Mais eux ils ont des studios partout a Conakry, il y a Youtube ;  les réseaux sociaux qui leurs offrent plus de visibilité instantanées.

Votre coup de cœur dans cette nouvelle génération ?

-Sans ambiguïté après mes artistes c’est Steve One Locks. Je l’ai eu dans mon studio pour enregistrement et je me suis rendu compte que nous guinéens ne savons pas trop apprécier ce dont il est capable. C’est un surdoué !

 

Mohammad SOUMAH

 

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